Peu après, les pompiers parvinrent à maîtriser les flammes.
La maison était gravement endommagée. Une partie du toit avait été touchée, plusieurs pièces étaient détruites et une épaisse fumée continuait de s'échapper des ouvertures.
Les familles voisines s'étaient rassemblées dans la rue. Certaines avaient apporté des couvertures, d'autres proposaient de l'eau et des vêtements aux Miller.
Sarah était assise près de ses enfants, qui commençaient seulement à réaliser ce qui venait de se passer.
David discutait avec un pompier pour obtenir des informations sur les prochaines étapes.
Teddy, lui, semblait avoir une autre préoccupation.
Il se tenait près de l'entrée de la maison. Ses oreilles étaient dressées et ses yeux fixaient l'intérieur obscur.
— Teddy, reste ici ! lui demanda Sarah.
Mais le chien ne bougeait presque pas.
Il regardait alternativement la maison et Michael, qui se trouvait un peu plus loin.
Puis, profitant d'un instant où personne ne le retenait, Teddy se glissa vers l'entrée restée ouverte.
— Teddy ! Non ! cria son propriétaire.
Le chien disparut quelques secondes à l'intérieur.
Tout le monde retint son souffle.
David fit un mouvement pour le suivre, mais un pompier lui demanda de rester à l'extérieur. La structure devait encore être vérifiée et il ne fallait surtout pas prendre de risques.
Sarah appelait son compagnon à quatre pattes, la voix tremblante.
— Teddy ! Reviens, mon bébé !
Quelques instants plus tard, une silhouette dorée réapparut dans l'encadrement de la porte.
Teddy revenait.
Et il portait quelque chose dans sa gueule.
Ce n'était ni un vêtement, ni un objet de valeur, ni un souvenir de famille.
C'était un petit ours en peluche usé, légèrement déformé, dont le tissu avait perdu depuis longtemps sa couleur d'origine.
Son ours préféré.
Teddy descendit les quelques marches de l'entrée avec précaution.
Il traversa la zone où se trouvait sa famille, sans même s'arrêter pour rejoindre Sarah ou les enfants.
Il avançait avec une détermination étonnante.
David le regardait, complètement surpris.
— Mais… c'est son ours, souffla-t-il.
Teddy continua d'avancer.
Il passa devant plusieurs personnes, contourna un pompier et se dirigea directement vers Michael.
L'officier, qui venait de terminer une conversation avec un collègue, remarqua le chien.
— Salut, mon grand. Qu'est-ce que tu as là ?
Teddy s'arrêta devant lui.
Puis, avec une douceur presque solennelle, il baissa la tête et déposa son ours en peluche aux pieds de l'officier.
Personne ne parla pendant quelques secondes.
Michael regarda le jouet, puis le chien.
Il se pencha lentement et ramassa la peluche.
— C'est pour moi ? demanda-t-il doucement.
Teddy remua la queue.
Il leva les yeux vers lui, comme s'il attendait une réaction.
L'officier esquissa un sourire, mais son expression changea rapidement. Il semblait avoir compris que ce petit geste représentait bien plus qu'un simple jouet.
Sarah porta une main à sa bouche.
Elle connaissait parfaitement cette habitude.
Chaque fois qu'un ami venait à la maison, Teddy allait chercher un jouet pour le lui apporter. Parfois, c'était une balle. D'autres fois, une corde ou une peluche.
Il choisissait toujours quelque chose et le déposait aux pieds de son visiteur.
C'était sa manière à lui de souhaiter la bienvenue.
Et ce soir-là, alors que sa maison venait d'être ravagée par les flammes, alors que sa famille se retrouvait dehors, bouleversée et sans abri, Teddy avait tout de même pensé à accueillir quelqu'un.
Il avait choisi l'officier qui était venu les aider.