À l’approche de l’hiver, les conditions de détention deviennent encore plus difficiles dans certains établissements pénitentiaires. Un détenu témoigne de plusieurs semaines sans chauffage, de fenêtres mal isolées et de nuits particulièrement éprouvantes.
Lorsque les températures chutent à l’extérieur, le froid s’installe aussi derrière les murs des prisons françaises. Pour les personnes incarcérées dans des cellules mal isolées ou insuffisamment chauffées, l’hiver peut rapidement devenir une épreuve quotidienne.
Fin 2025, un détenu a contacté la permanence de l’Observatoire international des prisons (OIP) pour raconter les conditions dans lesquelles il vivait. Son témoignage, recueilli le 31 décembre 2025, décrit une situation particulièrement difficile : chauffage absent, courants d’air permanents, couvertures jugées insuffisantes et eau de douche dont la température serait impossible à régler correctement.
Au fil des jours, le froid aurait fini par perturber son sommeil et rendre son quotidien de plus en plus pénible.
Plusieurs semaines sans chauffage dans sa cellule
Dans son témoignage, le détenu explique avoir été prévenu dès la fin du mois d’octobre que le chauffage ne serait pas mis en service avant décembre.
Face à la baisse des températures, il a tenté de limiter les infiltrations d’air en collant du ruban adhésif autour de sa fenêtre. Mais cette solution improvisée n’a pas suffi à empêcher le froid de pénétrer dans la cellule.
Il raconte également ne disposer que de deux couvertures relativement fines, reçues plusieurs mois auparavant, sans qu'une couverture spécialement prévue pour l’hiver lui ait été fournie.
Son récit met aussi en lumière un autre problème : la température de la douche serait réglée automatiquement. Selon ses déclarations, l’eau serait parfois glaciale, parfois brûlante, au point de lui avoir provoqué des brûlures sur le corps. Il indique avoir dû consulter le médecin, qui lui aurait prescrit une crème destinée à apaiser sa peau.
Après trois semaines sans chauffage, la situation serait devenue particulièrement difficile à supporter. Le détenu résume son quotidien par ces mots :
« Le froid est tel qu’il m’empêche de dormir… »
Le froid en prison : un problème signalé depuis plusieurs années
Ce témoignage ne constitue pas un cas isolé. L’Observatoire international des prisons avait déjà alerté sur les températures particulièrement basses observées dans plusieurs établissements pénitentiaires.
En décembre 2023, l'organisation indiquait avoir reçu plusieurs signalements de personnes détenues confrontées à des cellules très froides depuis l’arrivée des premières températures hivernales.
Ces difficultés concernaient différents établissements et ne semblaient pas uniquement toucher les prisons les plus anciennes. Les problèmes d’isolation et de chauffage peuvent donc se poser dans des bâtiments de différentes générations.
Pour les personnes incarcérées, les conséquences dépassent largement une simple sensation d’inconfort. Une cellule froide peut rendre les nuits difficiles, perturber le repos et compliquer davantage un quotidien déjà marqué par de nombreuses contraintes.
Des fenêtres mal isolées et des solutions de fortune
Dans certains établissements, les fenêtres vétustes et les défauts d’isolation aggravent considérablement la situation. Même lorsque les détenus disposent de couvertures, les courants d’air peuvent rendre leur protection insuffisante.
À la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, une détenue avait notamment décrit sa cellule comme étant plus froide que l’extérieur.
Au centre pénitentiaire de Lutterbach, un autre témoignage illustrait le niveau de froid ressenti avec une comparaison frappante : le beurre fondu dans une poêle redevenait solide en moins de deux minutes.
Face à ces conditions, certains détenus tentent de trouver eux-mêmes des moyens de limiter les infiltrations d’air. À Fleury-Mérogis, l’un d’eux expliquait utiliser différents matériaux récupérés sur place, comme des éponges ou des balles de tennis, pour colmater les espaces laissant passer le froid.
Ces solutions improvisées montrent à quel point les personnes incarcérées disposent de peu de moyens pour améliorer leur environnement immédiat.